photographie couleur interférentielle
Tentative de réaliser une image par le procédé Lippmann, procédé couleur interférentiel.
Ici, le miroir de mercure est remplacé par une lame d’air, condition sine qua non pour une utilisation hors labo, public ou étudiants.
La plaque est exposé émulsion vers l’arrière, émulsion au contact d’une couche d’air, pas du fond du châssis. La lumière traverse le verre (3mm), puis l’émulsion (10 m), et est partiellement réfléchie à la sortie de l’émulsion vers l’air. C’est cette réflexion partielle qui va créer les interférences avec la lumière incidente, dans toute l’épaisseur de la gélatine.
Qui dit réflexion partielle, dit faible contraste des franges. De ce fait, une émulsion photographique standard n’est pas adaptée pour les enregistrer correctement. Nous utilisons ici une émulsion pour l’holographie, présentant une taille de grains d’halogénures inférieure à 10nm(et de ce fait très absorbante), et une sensibilisation plus ou moins panchromatique. Nous avons modifié un châssis 4×5 pour accueillir ces plaques.
Nos premiers essais, utilisant les plaques d’Y. Gentet ont été infructueux, a priori surexposition. A la suite, des collègues lillois ont réalisé de nouveaux essais pour estimer la sensibilité des plaques et raffiner le processus de développement. Nous avons repris nos essais à partir de leur conditions d’éclairage, en utilisant un puissance-mètre pour mesurer le flux lumineux au niveau de l’émulsion ( au niveau du dépoli de la chambre).



Exposition
La scène est éclairée par deux sources halogènes, puissance lumineuse reçue au niveau de l’émulsion 100-200 W/cm2 @510nm (capteur 10mm diamètre). Mesure spotmètre sur le sujet, f5.6 100ISO 1/1000 -1/1600 s.
Chambre Sinar Norma 4×5, objectif Sironar-N 210mm ouvert à f5.6, tirage environ 25cm, temps de pose 1minute.
Développement
vu la « sensibilité » des plaques utilisées, on peut travailler en éclairage faible (ici une LED mW rouge + 1 verte)
Comme pour un papier, développement à fond dans un révélateur (GP2, ultimate holography), recette classique à base de phénidone avec l’ajout d’un révélateur « physique » (thiocyanate de potassium) pour booster le contraste des franges (dissolution d’halogénure d’Ag non exposé, re-précipitation préférentielle sur les Ag0 de l’image latente).
Bain d’arrêt légèrement acide. A ce stade il peut être nécessaire de retirer un voile blanchâtre d’Ag créé par le thiocyanante en surface de l’émulsion (procéder délicatement, au doigt mouillé), puis fixateur alcalin.
La dernière étape est un trempage dans une solution aqueuse de glycérine. L’objectif ici est de faire gonfler la gélatine pour red-shifter les couleurs vers les teintes originales. Puis un rinçage classique.
Le séchage est indispensable avant de pouvoir observer le résultat. Il ne faut pas être trop pressés…
Après développement et fixage, à l’issue du rinçage, les teintes rouges dans l’émulsion en transmission sont l’indication d’une exposition correcte (Ag colloïdal quelques nm).
Après séchage, n’ayant pas de prisme adapté pour observer l’image en réflexion, nous avons utilisé la réflexion d’une source diffuse au plafond pour réaliser une photo qui ne restera pas dans les annales… Elle permet cependant de voir que l’on a réussi à exposer correctement la plaque, et à obtenir des couleurs, notamment le blanc de la barbe du père Noël.
La balance des couleurs n’est pas correcte, a minima l’étape de gonflement est à ajuster.
Nous n’avons pas, au cours de cette séance, obtenu de résultats satisfaisants avec une autre scène présentant des dominantes vertes et bleues, pas mal de travail encore en perspective avant de sortir du labo. Notamment avoir une idée de la sensibilité spectrale des plaques, et de la dynamique d’exposition…
A. Escarguel & H. Klein
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